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mardi, mai 22, 2007

Un train nommé Tanbir (suite :le tunisien, est il terrorisable ?)



C’est comme cela que procèdent les extra-terrestres : Entre la nuit du jeudi et du vendredi du 10-11 Mai 2007, vers 4H du matin, j’étais en pleine nature hostile, au milieu de nulle part, dans un endroit que je ne connaissais absolument pas.

Qu’est ce qui s’est passé ? Comment me suis-je retrouvé là ?

Je me suis retourné à droite et à gauche et j’ai découvert que je n’étais pas le seul : il y avait des hommes et des femmes de tout âges : des jeunes garçons à la cervelle complètement footu ( ya que le foot la dedans) ; des vielles femmes qui marchaient a peine ; des hommes a lunettes qui criaient et réclamaient je ne sais quoi ; des mères ou bien essayant de bien couvrir leurs bébés ou bien des mères enceintes cherchant un endroit couvert au milieu d’une compagne ouverte ; Un homme saoul qui, en pleurant, jurait devant un flic qu’il ne l’ai pas, se plaignant de ces jeunes ( qui riraient) qui lui ont volé son téléphone portable.

J’étais au milieu d’une cacophonie totale. Je me suis approché d’un homme aussi hébété que moi.

- S’il vous plait où sommes nous ?

- Nous sommes à Sidi Salah, à une vaingt Kilomètres de Sfax.

Je me suis approché de ses gens qui encerclait deux travailleurs de gare : ils etaient a deux doigts d’en venir aux mains !

- Vous vous êtes engagés à nous emmener à destinations ! Nous avons payé nos tickets ! Pourquoi le train s’arrête ici ? C’est quoi que cette grève au milieu de nulle part et a 4 H du matin ????

- Mais, on y est pour rien nous ! Nous, nous avons cassé la grève pour vous ! On travaille -alors que normalement nous devons être en grève- juste pour vous servir ! et c’est comme cela que vous nous parlez ?

- Pourquoi vous n’aviez pas dit qu’il y avait grève avant qu’on achète nos billets à la gare de Tunis ?

- Ils ont du oublié de vous informer !

- Oublié ? ca s’oublie ?

Je me suis avancé et me suis freillé un chemin dans la foule pour parler à ce type :

- Vous êtes normalement en grève, n’est ce pas ? Pourquoi voulez vous, vous mettre les passagers sur le dos ? Alors que vous auriez pu en nous informant de vos problèmes, avoir notre soutien et on aurait même pu défendre vos causes ? Croyiez vous que nous autres, passagers, nous sommes contres le fait que vous réclamez vos droit ??? Tout au contraire !

- On est là pour servir le pays quand on nous le demande ….

Et voila qu’il me réchauffe deux trois phrases en bois, qu’on aurait pu entendre lors d’un « dossier » dans notre chaine de télé nationale.

J’ai tout de suite identifié ce genre de types qui sont là pour saboter leurs collègues tout en faisant de la façon la plus médiocre le travail à faire, tout en scandant deux phrases réchauffés qu’ont leur a appris.

Nous avons attendu, résignés, les autobus qui ont amené les 300 passagers du train jusqu'à « sidi Abid » a quelques kilomètres de l’autre coté de Sfax. Nous avons à nouveau attendu un autre train qui nous emmena à Gabés. A Gabes nous avons re-trimbalé nos bagages dans la bus de correspondance pour Djerba.

Tout le monde était plein de sarcasme ! On a prié pour ne pas être largués en pleine mer par le Bac de Djerba à cause d’une grève.

Moi si on m’aurait répété les mêmes mots de bois entendus à la gare dans le bac, j’aurais tout de suite sauté de mon propre gré !

Le voyage dura plus de 12 heures !

vendredi, mai 18, 2007

Le tunisien, est il terrorisable ?

Le Jeudi 10 Mai 2007, j’étais dans le train de 22 h 20 min partant de Tunis passant par Sousse, Sfax s’arrêtant a Gabes. Des autobus de correspondance sont prévus pour Djerba, Médenine et d’autres villes du sud.

Un bon livre était un bon remède pour un voyage si long : pour ceux qui n’ont pas pris le train en Tunisie, les trains tunisiens ont été changés deux fois depuis leur existence (le 19eme siècle).

Soudain, le train s’arrêta, en pleine nuit et au milieu de nulle part. Au début tout le monde a cru à un léger contre temps mais le train de bougeait pas.

- et si c’est une action terroriste …?

- Qui sait ? c’est très probable vu les circonstances actuelles !

Chuchotaient les gens s’adressant à leurs voisins.

Si cet incident est arrivé dans un autre pays, je suis sur que tous les passagers auraient été pris de panique. Car tout le monde savaient qu’il y avait un truc qui n allait pas ! Mais au lieu de céder à la panique. Le tunisien cède très vite à l’ironie !

Les minutes passaient, mais rien ne changeait !

- Avez-vous remarqué que sur le train on ne voit plus aucun contrôleur ?

- Même celui qui vendait la bouffe … il s’est éclipsé … nous sommes coincés et nous n’avons même pas le droit de bouffer !!!

- Pourvu que le chauffeur de train ne se soit pas enfui lui aussi !

Tout le monde parlait à tout le monde et une vague de rires hilarants s’installait.

- Regardez … toutes les issus sont fermés ! on ne peut même pas sortir ! on est fait comme des rats !

- Mais ...qu’est ce qu’un tunisien ? nous sommes bien des rats !

- Une toute petite bombe fera l’affaire ! ...une toute minuscule !

- De quoi parlez vous … même un peu de « flitox » par les fenêtres et on meurt comme des cafards !

- Sauf que les cafards ont toujours une issue de secours !

Tout le monde riait aux larmes. Et chacun usait de son humour noir pour enfoncer le clou. Est-ce un humour qui nous protégeait de l’absurde de la situation ou est ce un humour qui camouflait la réalité tragique ? Je n’en sais rien ! Tout ce que je sais, c’est qu’au bout d’une heure d’enfermement dans le train que les portes se sont ouvertes et que le chauffeur a parlé :

- Nous sommes a « Sidi Salah » a quelques Kilomètres de Sfax …tout le monde descend ! la SNCFT fait grève !

- Une grève a 4H du matin au milieu de nulle part ?

- Hé les gars, descendons avec calme … on est presque a Sfax ...mais ce n’est pas la starac !

- Elle est ou la camera ? ou la cache-t-on ? une grève a 4 H du matin !

Des femmes de 80 ans, des femmes enceintes de 9 mois, des bébés ...tout le monde sautait pour descendre (car il y avait au moins un mètre entre la marche du train et le sol).

On a été regroupés, comme on regroupa les juifs dans les trains qui menaient aux camps de concentrations. Chacun son bagage sur son dos. Certains gueulaient, d’autres criaient au scandale, quelques autres criaient au vol ! Chacun criait ... mais tout le monde riait ! le rire l’emporta !

Sommes nous terrorisable face à notre monde absurde ? J’en suis pas sur … le tunisien ne sait que rire ! Mais attentions un rire n’est pas forcement synonyme de bonheur !