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lundi, janvier 22, 2007

noblesse dans un Bus Jaune


Comme d’habitude il s’est levé de bonheur : travail oblige.

Contrairement à d’autres, il aimait être matinal : chaque jour se réveillant dans son lit, il était submergé de bonheur et se disait : « quelle chance j’ai d’être encore là ! ».

Ensuite, - comme il disait lui même- il partait à « l’aventure » car ainsi il voyait son job.

Le voilà devant la station de bus. Le voilà Parmi la foule qui grouillait et dont on n’entendait que des chuchotements timides et des toux témoignant du climat froid et humide.

Le bus arrive, les gens se bousculent pour y monter, il est si plein qu’on n’a pas pu fermer la porte.

Notre ami est là, dans la station, en train d’observer.

Il se disait amusé : « je ne pourrais pas travailler dans ces conditions : le bus est plein à craquer donc ça ne serait pas aisé de pouvoir bouger. En plus, le soleil vient tout juste de se lever, il fait encore froid et donc les passagers se couvrent bien ce qui ne rendra pas ma tâche facile ! »

En connaisseur il guettait la montée du soleil, il faisait de plus en plus chaud et de plus en plus les vestes tombaient …

« Si les vestes tombent, cela ne veut dire en aucun cas que c’est déjà gagné …il faut trouver la bonne proie ! »

D’après son expérience de pickpocket il s’est aperçu que les gens sont de plus en plus pauvres et fauchés, en tout cas ceux qui prennent le bus.

Il fallait donc doubler ses efforts pour analyser et choisir la bonne victime qui doit avoir une bonne somme d’argent et qui ne doit pas être trop vigilante pour ne pas se faire prendre.

Tout à l’heur, les premiers bus partant étaient remplis d’ouvriers qui rarement emportaient des grandes sommes d’argents.

Maintenant, c’est le tour des élèves et étudiants ce qui n’est pas intéressant pour lui : ils sont trop fauchés d’une part et d’autre part, ils sont très vifs et vigilants.

Les passagers importants c’est ceux là. Ceux qui commencent à affluer devant la station de bus : c’est ou des fonctionnaires, ou des gens qui ont des travaux libres qui se permettent de partir assez tard ou bien même des retraités …

« Voilà une bonne proie : assez distrait, parait friqué, poche interne du blouson gonflée.. »

Il était en train de s’intéresser à un fonctionnaire quand un vieux qui paraît –selon ses habits- très pauvre, tout en guettant l’arrivée de l’autobus a commencé à enlever sa veste, c’est là que notre ami a aperçu un bon paquet d’argent dans sa poche de chemise, il sourit, on aurait cru qu’il criait « bingo ! »

Le bus arrive, il n’était pas complètement plein ni complètement vide … tout le monde est monté à bord … le bus est parti ..

« Mon argent ! … ma paie ! .. » criait le pauvre vieillard … il s’adressait au début étonné au gens qui l’entouraient et puis il le répéta une dizaine de fois comme s’il sombrait dans un état d’hystérie alors que son corps semblait s’abandonner dans un état de comma ..

« Mon argent ..Un mois .. 210 dinars …mon fils ..qui va soigner mon fils ? .. » Criait le vieux qui ne pouvait plus tenir debout, il tomba. Les gens ont essayé de le remettre debout mais ses pieds étaient visiblement hors d’usage.

Même le voleur avait un pincement au cœur tellement la scène était horrible.. « Mais bon .. » il se disait « ..Cela fait partie du boulot, et puis de voir ceci, c’est mieux que de me réveiller demain hors de mon lit … dans les lits moisis des pénitenciers »

Dans un geste d’extrême noblesse, il a sorti cinq dinars de sa poche puis il a crié s’adressant au passagers « aidons ce pauvre monsieur … faisons une collecte..Que dieu vous bénisse ! »

Il a glissé dans la main du vieux – qui était totalement inconscient - les 5 dinars, deux autres ont fait pareil alors que le fonctionnaire ,qu’il suivait au début, a sorti de sa poche un paquet d’argent a pris 20 dinars et les à remis au vieux.

Dés que le bus s’arrêta dans une station, le voleur descendit un sourire ironique aux lèvres.. Le même sourire qu’on voyait sur les visages des joueurs de Football ratant un but facile.