vendredi, février 15, 2008

Elle n’a plus de voix, vous avez les mots !

Et moi ?
Qui m’aimera moi ?
je vois les fleurs passer …
sous mon nez
les « je t’aime »
sincères et hypocrites
je les entends.
Cela sent !
c’est une odeur…
que je ne saurais décrire
cela sent
des senteurs à faire fuir
cela sent
la rose, les fleurs et la cire
cela sent
le sperme, les bas et le cuir !
cela sent
du bons et du moins bons !
cela sent !

Et moi ?
Qui m’aimera moi ?
Personne ne me regarde dans les yeux !
Est-ce que je vous mens ?
Qu’est ce qu’on attend ?
la liberté d’écrire ?
qu’est ce qu’on attend ?
on a peur d’en trop dire ?
qu’est ce qu’on attend ?
qu’on vous paie vos délires ?
Qu’est ce qu’on attend ?
et pourtant….
vous êtes bourrés de talent !
qu’est ce qu’on attend ?
est ce qu’on m’entend ???





Et moi ?
qui m’aimera moi ?
vous êtes tous sur le départ ?
qu’est ce qu’on attend ?
avoir la peau du guépard ?
qu’est ce qu’on attend ?
qu’on m’envahisse de chars ?
qu’est ce qu’on entend :
Des matraques, des gyrophares !
qu’est ce qu’on attend ?
qu’est ce qui vous attend ?
Est ce qu’on m’entend ???



Et moi ?
Qui m’aimera moi ?
Je suis rouge de sang !
Mon étoile me fait croire…
Qu’on rêve sous mes ponts !
Mais sous mes ponts…
on se pend !
et cela sent !
cela sent , un verre d’eau…
froid …
sous un volcan !
cela sent
sur chaque langue…
des litres de poison !
cela sent …
une immense prison !
qu’est ce qu’on attend ?
qu’est ce qui vous attend ?

Et moi ?
qui m’aimera moi ?
muette, muselée !
que de la sueur …
sur mon front !
est ce qu’on m’entend ?
qui est dans mon font ?
Ma voix on me la prend !
et je ne sais plus …
qui est dans mon front?
ma voix on me la prend !
et sous mes ponts…
on se pend !
ma voix on me la prend
et mes enfants …
sont en prison !
qu’est ce qu’on attend ?
est ce qu’on m’entend ???

Et moi ?
qui m’aimera moi ?
muette sans un franc !
ma voix on me la prend !
et ils me chantent une chanson !
qui dit qu’ils m’aiment
ils me chantent la chanson
qu’ils apprennent enfants
ils me chantent la chanson
sans penser à la dire,
ils me chantent la chanson
et ils se mettent en rang !
et cela sent :
ca commence à moisir
cela sent !
l’incompris, les fou-rires
cela sent !
La silicone, les implants !
Cela sent !
qu’est ce qu’on attend ?

Et moi ?
qui m’aimera moi ?
je n’ai plus de voix !
c’est vos mots que j’attends !
je me sens étrangère
et vos mots …
c’est mon sang !
pour votre pain je galère !
et c’est vos mots que j’attends !
qu’est ce qu’on attends ?
est ce qu’on m’entends ???
qu’est ce qui vous attend ?

dimanche, janvier 06, 2008

Leçons : comment aimer Roger Lemerre au point de parler comme lui !

Dans le cadre de la convention entre le ministère du sport, la fédération tunisienne du football et les journalistes tunisiens pour « ne pas nuire au sport tunisien et à l’équipe nationale en les critiquant » et suivant les paroles de Mr Tahar Sioud le président de la fédération tunisienne de football qui a déclaré que « la liberté de l’expression c’est bien mais quand cela a des limites », nous vous apprendrons à aimer l’équipe nationale et surtout Notre sélectionneur national son altesse, Mr Roger Lemerre !

Nos cours ici consisterons à apprendre à 10 millions de Tunisiens à aimer cet homme voir à l’adorer et ne pas pouvoir médire de lui ou faire sortir même une toute petite critique à son égard !

















Première leçon

Sujet : comment parler comme Mr Lemerre ?

Mise en situation : l’équipe nationale tunisienne joue contre l’équipe nationale Normallandaise, vous êtes obligé de donner un Interview ! Comment procéderiez vous ?




Etape 1 : mettre le match dans son cadre … tout en relativisant !

Exemple 1 : « ce match n’est qu’un match de préparation dans le cadre de nos préparatifs pour d’autres matchs …afin de bien nous préparer ! … »


Etape 2 : parler de l’équipe adverse et dire beaucoup de bien d’elle et ceux pour : 1- valoriser le niveau de votre propre équipe, 2- montrer que vous avez un esprit sportif exceptionnel

Exemple 2 : « On a joué aujourd’hui contre une très bonne équipe Normallandaise , qui a bien joué , qui a bien attaqué, qui a bien défendu … a mon avis, cette équipe aura beacoup d’avenir et pourra aller très loin dans toutes les compétitions … je suis même sur que beacoup de joueur feront leur chemin dans des grands clubs européens, je me félicite d’avoir joué contre cette équipe et je vous félicite vous tous d’avoir pu savourer ce match contre cette jeune mais prometteuse équipe … »


Etape 3 : dire des évidences sur sa propre équipe

Exemple 3 : « comme vous l'auriez sûrement remarqué, nous avons joué aujourd’hui avec … onze joueurs, en tout... dont le gardien de but qui a montré qu’il peut faire de bonnes parades. On a joué aussi avec une defense qui a essayé de couper toutes les balles aux attaquant adverses … un milieu de terrain qui a tout fait pour donner de bons ballons aux attaquants. Je veux rajouter ici que les attaquants ont beacoup couru et on essayé de percer cette défense, cette défense normallandaise que je qualifierai d’exemplaire (il est vivement conseillé de revenir des fois a l’étape 2).»


Etape 4 : dire des banalités sur sa propre équipe tout en montrant un visage humain voire humaniste !

Exemple 4 : « Je veux en profiter pour saluer tous nos joueurs blessés, ceux qu’on a convoqué ou même ceux qu’on n’a jamais convoqué … je veux saluer même Marco Van Basten qui s’est blessé lors d’un match y a quelques années...

D’autre part je voudrais encourager mes joueurs qui ne sont pas encore blessés, et leur dire qu’ils peuvent l’être aussi ! … Parmi ces joueurs là (non-blessés) nous avons intégré des joueurs qui ont une situation très difficile … tout le monde sait que notre attaquant cela fait 3 années qu’il n’a pas mis les pieds sur un terrain de foot … et c’est pour cela qu’on a voulu lui donner cette chance de réintégrer le football et nous sommes très contents puisqu’il reprend très vite et commence a se rappeler très bien des règles du football !

En ce qui concerne notre milieu de terrain, on l a convoqué aussi parce qu’il passe par une situation difficile : il a été accidenté, il ne joue pas, il a perdu son chien … tout cela l’a mené a la déprime c’est pour cela qu’on la convoqué on lui disant avec un grand sourire et beacoup d’amour : « Il faut arrêter la play-station et venir intégrer l’équipe… » »


Etape 5 : conclure sur une phrase fair-play

Exemple 5 : « Ce que je retiens de ce match c’est l’esprit sportif qui règne… et je conclurai en disant que ,de toutes les façons, nous avons atteint nos objectifs pour cette équipe puisqu'on arrive a jouer les matchs … après, tout ce qu’on fera de plus ...ne peux etre consideré que comme etant un plus …»




jeudi, janvier 03, 2008

حدود جهتنا ...حدود حومتنا

- الفرملية : والله كيف ما نحكيلك ...انا بيدي قعدت باهتة

- الفرملي : تي يزي بلا تفدليك قالتلي "فاق"

- الفرملية : و الله لا نفدلك ...شوف ...

- المريض : صباح الخير ...

- الفرملي : مشششش نووووررررمال

- الفرملية : نهارك زين

- المريض : قداش عندي و أنا راقد ؟

- الفرملي : قريب 30 سنة و انتي في الكوما ... تي الفرملية الي كانوا لاهيين بيك في الروترات توة !

- المريض : 30 سنة ؟؟؟

يسكت لحظات في ألم ثم يستطرد ( الجملة سارقها من ألغاز ملف المستقبل)

- المريض : شنوة صار في هال30 سنة ؟

الزوز فرملية يخزو لبعضهم بأسف ...

- الفرملية : برشة حاجات ...

المريض ينضر حوله مبحقا في غرفته ثم يستطرد ( تي هي سرقة سرقة .. خلي نشيخها)

- المريض : أنا في صبيطار ؟ تي هاي البيت هايلة و كلها معدات ... تبارك الله !

- الفرملي : هذا الكل يعود للقرارات الرائدة و الحكيمة لكسب رهانات ...

- المريض : صار مازلتوا لهنا ؟

المريض يتلفت على جنبوا ...

- المريض : أيا خليني نرقد 5 و الا 6 سنين ...حتى تتحسن الأمور ...

- الفرملية : استنى ... نعمروا هالوريقات من بعد أرقد لين تفد ... في بالك الي انت تمثل رهان كبير في عصرنا هذا و دخلت التاريخ ...

- المريض : كيفاش تراه ؟ أيا الحمد الله ... أخيرا قراولي كتبي و أشعاري و عطاوهم قيمة في هالبلاد ؟

- الفرملي : تي أني كتب و اني خرم ... ما تقوليش الي أنت كنت من الجماعة الي حكاولي عليهم جدودي و الي يسميوهم جماعة "الثقافة" ..

- الفرملية : شنوة معنتها ثقافة ؟

- الفرملي : تي جماعة كانوا مهمشين قبل و انقرضوا ... المفيد ... صارت مشكلة في ما يخصك أنت و دخلت التاريخ لأنك تسببت في حرب ...

- المريض : حرب ؟ أنا تسببت في حرب ؟؟؟

- الفرملي : أيه نعم ... حرب بين التوانسة و الصفاقسية ...

- المريض : شنوة قاعد تخضرت ... ما نفهمش فيك ... ياخي التوانسة و الصفاقسية ماهم في بلاد وحدة ؟

- الفرملية : ايييه....ياحسرة ! زمان ما خلطناش عليه ! التوانسة يقولو الي انت تابعهم مادامك كنت عايش في تونس قبل الحادث و الصفاقسية يقولوا الي انت تابعهم مادام بوك من أصل صفاقسي ...

- الفرملي : و شعلت ... جاب ربي تدخلت دولتنا ... دولة الساحل باش فضتها و خذاتك على عاتقها !

- المريض : دولة الساحل ؟؟؟ يا ولدي اش قاعد تقول ؟

- الفرملي : ياخي أنت دخلت في غيبوبة قبل استقلال الدويلات هذه ؟

- الفرملية : تي ماهو الحكاية و ما فيها ... بدات وقت الي الجهات متاع البلاد التونسية سابقا بداو يتسكروا على رواحهم ... الي يتولد في جيهة يتطهر فيها, يقرى الابتدائي( ماهو في العصر هذاك عاودو نحاو التعليم الأساسي و رجعوا للأبتدائي ) و الثانوي و الجامعة فيها و يخدم فيها و يعرّس فيها و يموت فيها ... حتى لين كثرت الحزازيات ...

- الفرملي : و بدات هالحزازيات تظهر من تحت لتحت ... ومن بعد ظهرت في الرياضة ... و من بعد القائد الصفاقسي الكبير " الزحّاف" صاحب الحملات الصفاقسية الأولى و انذاك رئيس فريق كرة ...ظهّرها ... وبداو الجهات يغليو الصفاقسية يقولو احنا مهمشين و القفاصة يقولو التهميش كان في قفصة و جماعة الشمال الغربي يعيطوا من المظالم و القصرين و سليانة و القبلاوية و الدوازنة و العكارة و الجرابة و النوابلية و المهادوة و القوابسية و القراوة ...

- المريض : هذوما الكل ولاو دول مستقلة ؟

- الفرملية : (بش تموت بالضحك) تي السيد نسى ما سماش شطرهم ...تي فما دول خذات استقلالها و زادت تقسمت لدويلات-حوم !

- المريض : ايه أنا اش مدخلني في هذا الكل ؟

- الفرملي : ما عرفناش أصلك بالضبط ... وحتى الي شهد الي عندك أصل صفاقسي مشكوك فيه ...و هذا جعل كل الشعوب تتعارك و تتناحر عليك ...

- المريض : صحيح الي عندي اصل صفاقسي ... لكن أمي قفصية و عاشت في الوطن القبلي و الوالد أموا من توزر و عدى حياته في باجة ...

- الفرملي : عندك عرق جريدي ؟

- المريض : أيه نعم !

الزوز فرملية يخزروا لبعضهم ... ينزلوا على قفلة حمرة مرشوقة في الحيط ... يتلفتوا وراهم ..يدخلوا جماعة لابسين لبسة عسكرية ... واحد منهم يخرّج سلاح غريب الشكل.

- الفرملي : لا مكان للجريدية في بلادنا ...

- الفرملية : اسفين ... ما فما حتى جريدي مسموح ليه باش يعيش و يتنفّس في بلادنا الساحلية ...




dimanche, décembre 23, 2007

...في سبرنا أحنا

الشاوش ياقف و يصيح

الشاوش: محكمة ! قفوا تقديرا لخالتي خدوجة

القاعة الكل تاقف, خالتك خدوجة تقعد , الناس الكل يقعدوا. خالتك خدوجة تخزر من تحت للشاوش.

خالتك خدوجة : دخّلوا المتهمان.

يدخل راجل ناهز الثلاثينات في يدو صندوق قطوا و بنية في نفس العمر في يدها بلاتو قازوز. الوليد يدخل لقفص اتهام عاليمين و البنية للقفص الي عاليسار. هالزويز يدنكسوا ريوسهم و يلزموا الصمت. خالتك خدوجة تخزر من تحت المرايات لملف قدامها و من بعد تخزر للجهة اليمنة.

خالتك خدوجة : أحيل الكلمة لأم العريس.

تاقف خالتك محرزية و تتقدم لوسط القاعة بين قفصي الأتهام.

خالتك محرزية : خالتي خدوجة ,حضارات المستشارين. كيما تعلموا, تعتبر التهم الي وجهوها أهل العروسة لينا و لولدي, تهم خطيرة ياسر ..بينما هوما الي غالطين في حقنا حسب سبرنا

تاقف خالتك عيادية.

خالتك عيادية : نحتج يا خالتي خدوجة ... كلمة سبرنا في المهموتة

خالتك خدوجة : وضح أكثر أصل السبر

خالتك محرزية : حاضر خالتي خدوجة... كنت نقول حسب الفصل الأوّل من السبر 124 لمدينة تونس و ضواحيها ...يقول "يحجّر خروج أهل العريس فارغي اليدين" فهنا مخالفة واضحة و جلية لسبر هذه البلاد.

خالتك عيادية : نحتج يا خالتي خدوجة ... العروسة من الساحل و تتبع سبر مدينة سوسة و الساحل و ذلك حسب الفصل 15 من السبر رقم 325 الي ينص على عدم شرعية تمكين أهل العريس من أي شيء عند خروجهم.

خالتك محرزية : نحتج خالتي خدوجة ... السبر يتبع مكان الخطبة و العرس و لا يعتمد أصل و مفصل أهل العروسة

خالتك خدوجة : احتجاج مقبول

خالتك عيادية : هذاكا كان تم احترام السبر من هؤولاء ... لكن هوما بيدهم كانوا مخالفين ...و مخالفة خطيرة ...نساو ما قالوش "جيناكم خاطبين راغبين" مما يعتبر مجاوزة خطيرة لكل سبر تونسي من أقصى الجنوب لأقصى الشمال

خالتك خدوجة تاخذ مطرقة لوح و تضرب فوق مجلسها.

خالتك خدوجة : ترفع الجلسة ... وقيت كاس تاي منعنع .. و زيد المسلسل عادك بيه باش يبدى ...ترفع الجلسة لبعد المسلسل


jeudi, décembre 20, 2007

les news de Normalland : speciale fêtes !


Mesdames mes demoiselles messieurs, bonsoir et bienvenus dans cette nouvelle édition du journal de Normalland dédiée aux festivités qui ont eu lieux ces jours ci dans notre patrie.

- Dans le cadre des dernières études sur notre peuple Normallandais et ses comportements psychiatriques, nos sociologues ont affirmé que notre patrie comporte un taux minime de « psychopathes ». En revanche, les mêmes études ont affirmé l’existence d’une autre pathologie typique qu’ils ont baptisé « les psycho-pattes ». Les psycho-pattes se manifestent généralement occasionnellement (les jours de l’aïd el kebir) et s’attaquent aux pattes des moutons et des taureaux ainsi qu’à leurs têtes et leur font subir toutes sortes d’atrocités.

Nous vous rappelons –dans ce cadre- que nos sociologues on déjà recensé une autre pathologie saisonnière et qui se manifeste les jours des soldes : « les psycho-sabbats »

-Un vieil homme dénommé « Père Noël » a été retrouvé ce matin même dans un état critique au milieu de nulle part alors que son véhicule était complètement détruit. Ce Monsieur à la barbe blanche n’a pas voulu répondre aux questions des enquêteurs, il se contentait de chanter en pleurant « petit papa noël, quand tu descendras du ciel …attention aux nombreux moutons, a qui les âmes montent par millions, a cause de la fête des musulmans ».

Dés qu’il s’est senti mieux ce vieil homme a été transféré au centre de détentions des cas psychiatriques a cause de ses propos pédophiles, je site : « libérez moi ! J’ai rendez vous avec tous les gamins de la terre … je cache dans mon pantalon beaucoup de cadeaux pour eux ! »

- Une famille Normallandaise a été victime d’un étrange phénomène. En effet après avoir égorgé leur mouton d’aïd ils se sont aperçus que la langue de la bête était étrangement dure ! En faisant appel aux experts, ces derniers ont découvert que la langue de la bête était faite de bois !

Des scientifiques se sont penchés sur ce cas extrêmement étrange et ont découvert la cause : ce mouton avait avalé une grande quantité de journaux de nos voisins tunisiens ce qui explique la langue de bois de la bête !

Il ne me reste qu’à vous souhaiter un bon aïd (a ceux qui le fête), un bon noel (a ceux qui le fête) et une bonne fin d’année (tout le monde la fête) . Je vous donne Rendez vous dans d’autres bulletins d’infos. A bientôt.




samedi, décembre 15, 2007

tonton de France !

- Mr cet espace est non fumeur !

- Ah oui ? même au bled on nous emmerde avec ces lois débiles ?


En souriant a la garçonnière il a éteint, aussitôt son gros cigare, puis il lui a sourit en répliquant :


- pas de tabac alors bière pour tout le monde ! servez nous une autre tournée !

- tout de suite monsieur !


Ils étaient plus que dix à la même table du bistro de l’aéroport de Tunis, plus que dix présidés par Mounir qui monopolisait la parole alors que les autres l’écoutaient éblouies.

Jalel, le neveu de Mounir, était sans doute celui qui était impressionné le plus par son oncle, par sa réussite en France, par ses aventures qu’il racontait merveilleusement bien et surtout par cette vie aisée qu'il mene. Tout cela le fait rêver. Toute l’année, il attend avec impatience les visites brèves de son tonton préféré pour fanatsmer de cet univers incroyable de l'occident.


Jalel : dit tonton, pourquoi tes visites sont si brèves … pourquoi ne pas prendre un bon congé et rester d’avantage ?

Mounir : Ah non ! la Tunisie, c’est deux trois jours au max … pas plus ! Déjà que en deux, trois jours le stress d’ici et l’anarchie me font tourner la tête, je ne sais pas ce que je deviendrais au bout d’une semaine ou pire, d’un mois ! Mes vacances je les passe la bas chez nous, en cote d’azure ou alors je fais une virée en Italie pour baigner dans la culture de la bas ! ça c’est mon plus grand bonheur !

Jalel : tu as raison tonton !

Mounir : tu sais fiston, si il n’y avait pas vous tous ici dans ce bled pourri, je ne serais jamais retourné ! Même pas pour un seul jour !


Alors que Mounir commençait à raconter encore une autre anecdote debutant , comme toujours , par : « la bas, chez nous … » , Jalel a plongé dans ses chimères : Qu’est ce qu’il rêve de suivre le pas de son tonton ! Qu’est ce qu’il rêve de tout laisser tomber ici pour vivre ces mêmes aventures que vit son oncle ! Dommage que ce dernier soit un « homme libre »! ( comme il se décrit lui-même).

Son oncle n’a jamais pris au sérieux ses demandes, repetés mais toujours implicites, de l’accompagner dans son monde occidental. Il se contentait de répliquer : « je me suis fait moi-même, et quand j’ai décidé de partir me construire la bas, je l ai fait tout seul comme un grand ! ».

A cette phrase, Jalel a compris que son tonton veut le responsabiliser et que si il compte y aller, il doit le faire de lui-même sans aucune intervention. Ce qui ne pouvait qu’agrandir l’estime qu’il a pour cet oncle hors du commun.


Mounir : ah voila, dernier appel pour mon avion ! Le monde civilisé m’appelle !


Tout le monde a rit à sa blague alors qu’en se levant, il a filé un billet de 20 euro à la garçonnière.


La garconniere : Monsieur , l’adition est beaucoup moins importante …

Mounir : mais c’est pas gave, c’est pour vous mademoiselle ! Je sais qu’ici , au bled, vous n’êtes pas bien payés !

La garçoniere : merci Monsieur !


Devant la porte d’embarquement Mounir embrassa tout le monde. Jalel fut le dernier à avoir une accolade de son tonton.


Mounir : tu remercieras ta maman pour la « bssissa » et toute la nourriture que j’aime bien qu’elle m’a préparé … c’est vrai que ça a causé un excès de bagage …mais merci mon dieu, on a pu nous arranger avec l’agent !

Jalel : tout le plaisir est pour nous tonton ! On espère te voir bientôt … et si tu ne viendras pas ! Je viendrais moi-même par mes moyens !


Mounir a sourit à son neveu et est entré à la salle d’embarquement.

Dans l’avion Mounir a compté l’argent qu’il lui restait : 125 euros ! Il doit se débrouiller avec cette somme pour ce mois ci. Les 50 euros qu’il compte obtenir du romain a qui il a sous loué sa camionnette –ou il loge- seront investis dans le transport car rechercher un petit boulot a Paris nécessite beaucoup de déplacements et les métros sont de plus en plus contrôlés.

Dieu merci, la nourriture qu’il a rapporté peut lui suffire d’ici plusieurs mois et il peut même en revendre une partie.

Il devra galèrer espérant d’ici un an économiser un peu d’argent pour respirer au pays …